Témoignage d'Abdallah Aourik

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Abdallah, ami fidèle du site et en plein tournage de la mémoire d'Agadir en langue tachelhit (nouvelle qui par ailleurs nous réjouit hautement) nous fait parvenir son témoignage de la catastrophe déjà paru dans Agadir O'flla N°15 :

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C'était un lundi du mois de Ramadan, ce jour-là à l'âge de mes 14 ans je me trouvais à l'école musulmane connue sous le nom de l'école de Monsieur Simon, dans la classe de Madame Travers. Aux environs de midi et 13 heures, alors que nous étions entraînés de faire la composition lorsque la terre à tremblé, soudainement notre institutrice nous ordonna d'évacuer la classe et de se mettre au milieu de la cour de la récréation. Donc tous les élèves et les instituteurs y compris le directeur de l'école, Monsieur Simon, prirent refuge au centre de la cour pendant une bonne demi-heure, ensuite nous regagnâmes les classes pour continuer la .suite de la composition.

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Au coucher de soleil, après le coup de canon de l'ancienne garnison d'Agadir o'flIa qui annonce la rupture du jeûne, comme à l'accoutumée de ce mois sacré, autour du premier bol de soupe, toute la famille ne faisait que parler de l'événement naturel du jour. Au soir, ayant rendez-vous avec mes copains pour aller voir un film au cinéma Rex à la première séance du soir, car durant tout le mois de Ramadan, les cinémas d'Agadir projettent deux séances au soir, une qui commence à 20 h 30 et l'autre après 22h 30. A la sortie du cinéma vers 22h et quelques minutes, j'ai dis au revoir à mes camarades devant le café «La Boule de Neige. » En montant la grande rue de la Mosquée, par craintes d'être grondé par mon père, d'être rentré tardivement à la maison, j'ai décidé de passer la nuit à la mosquée, mais un copain qui était là me conseilla de rentrer à la maison en passant par le toit.

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En effet, vers 23h45, à peine que je me suis éloigné du minaret pour traverser la rue vers l'autre trottoir conduisant à la maison, soudainement, au milieu de la rue où je me trouvais, la terre à tremblée avec une forte secousse dans l'obscurité totale au point je croyais que c'est la fin du Monde. . Paniqué dans le noir et dans la poussière, ne trouvant plus le chemin vers la maison, au milieu des hurlements et des appels d'aides, en courant, je tombe dans une tranchée de l'asphalte de la rue qu'a éventrée la force tellurique, heurtant les pierres, trébuché dans les files des poteaux électriques au travers de la rue, tout en cherchant à retrouver ma famille, ma maison. Au premier rayon du soleil du lendemain, je découvre ma ville natale réduite à raz du sol, Agadir, l'un des derniers paradis sur terre devenus un site de ruines en 15 secondes, le temps d'un clin d'œil, le cataclysme a rayé Agadir de la carte géographique. Erré dans un paysage de désolation, de tristesse et de la mort, sans maisons, sans mosquées, sans écoles et sans copains. Les premiers secours arrivèrent du côté de la marine française ensuite la
flotte de la marine américaine arriva.

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Ces soldats se sont mis immédiatement à pied d'œuvre, d'abord en distribuant les couvertures, les chewing-gums, le chocolat et les cigarettes, ensuite ils se sont mis à dégager les survivants de sous les décombres des maisons; et aussi la marine française a porté main forte pour sauver ce qu'il y a à sauver, car le nombre des morts commence à dépasser le nombre des survivants à fur et à mesure que les heures passent. A travers la ville en ruine pour trouver d'autres membres de ma famille situés dans d'autres rues et dans d'autres secteurs de ce qui reste de la ville, je croise Feu S.M. MohammedV avec un visage triste aux larmes aux yeux, à côté de lui son fils le Prince héritier Moulay Hassan (Hassan Il.)

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Cette consternation royale dans de telles circonstances est plus un malheur pour le Royaume du Maroc, d'autant, cet événement malheureux s'est produit juste quatre ans après que le Maroc récupère son indépendance du protectorat de la République française. Quelques jours plus tard, je me retrouve au camp de vacances de Maâmoura, près de Rabat, en compagnie des enfants rescapés du tremblement d'Agadir, où Feu S.M. MohammedV nous a rendu visite en nous promettant que notre ville sera reconstruite. Un mois plus tard je me retrouve dans un orphelinat de Kenitra en compagnie de mes camarades d'Agadir. quelques jours plus tard nous nous retrouvons à bord le l'avion de la compagnie aérienne belge (Sabena) à destination de Bruxelles, où à l'aéroport de Zaventem, les familles belges nous ont accueillies à bras ouverts,

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comme leurs propres enfants, (ici, je tiens à rappeler encore une fois mes vifs remerciements au peuple belge, aussi à la Marine américaine, à la Marine française, au Royaume-Uni, à la Suisse, à l'Allemagne et à la Yougoslavie de l'époque et aux autres Pays occidentaux pour leurs gestes humanitaire à l'égard des enfants l'Agadir, et pour leurs dons généreux à la reconstruction d'Agadir).